À l’occasion de la solennelle cérémonie d’installation des magistrats nommés, promus et affectés à la Cour d’appel judiciaire de Libreville, le nouveau Procureur Général, Alain-Georges Moukoko, a prononcé un discours d’une densité remarquable.
Devant un parterre d’autorités, il a exposé sa vision pour le ministère public, articulée autour de la célérité, de la qualité des procédures et d’une éthique irréprochable.
D’entrée de jeu, le chef du Parquet Général a tenu à exprimer sa profonde gratitude au Chef de l’État, le Président Brice Clotaire Oligui Nguema, ainsi qu’au ministre de la Justice, Augustin Emane, pour la confiance placée en sa personne. Tout en rendant un vibrant hommage à ses prédécesseurs, il a clairement affiché son intention de s’inscrire dans la continuité, avec l’ambition assumée d’améliorer l’existant. Conscient des défis majeurs qui attendent la juridiction de Libreville, il a souligné que la justice ne saurait être figée. Face à l’émergence de nouvelles formes de criminalité telles que la cybercriminalité, le blanchiment de capitaux ou les atteintes à l’environnement, il a appelé à une adaptation constante, exigeant de tous les acteurs une mise à niveau et une collaboration accrue, notamment sur les recommandations du GAFI.
S’adressant avec une franchise respectueuse aux officiers et agents de police judiciaire, Alain-Georges Moukoko a rappelé qu’ils constituent le maillon essentiel de la chaîne pénale. La qualité de l’action publique dépendant directement de la rigueur de leurs enquêtes, il les a exhortés à une synergie sans faille avec les parquets, fondée sur la coordination et la responsabilité. Cette exigence de rigueur s’étend d’ailleurs aux auxiliaires de justice. Aux avocats, notaires et huissiers, il a prôné des relations basées sur le respect mutuel et le dialogue constructif, tout en prévenant que la fermeté sera de mise dès qu’il s’agira de faire respecter la loi.
Au cœur de cette dynamique, la protection des citoyens demeure la priorité absolue. Le Procureur Général a insisté sur la nécessité de protéger les victimes, particulièrement les enfants et les personnes vulnérables, affirmant que la protection de la société et le respect des droits fondamentaux sont indissociables. Par ailleurs, il a mis un point d’honneur sur un aspect trop souvent négligé : l’exécution effective des décisions de justice. « Une décision rendue mais inexécutée demeure une promesse de justice inachevée », a-t-il martelé, invitant les magistrats à traquer les obstacles à l’exécution pour conforter la confiance du citoyen.
Dans un message adressé à l’ensemble des acteurs de la chaîne pénale, le nouveau patron des procureurs a fait le procès de l’immobilisme et des compromissions. Cultiver la compétence, privilégier un travail méthodique, respecter les délais et préserver son intégrité morale face aux influences extérieures : telles sont les consignes qu’il a voulu transmettre. Il a ainsi plaidé pour une véritable culture de la responsabilité, loin de celle de la peur, où chaque acteur assume pleinement sa mission.
C’est en citant les pères de la République et en s’appuyant sur les valeurs constitutionnelles de loyauté, de probité et d’impartialité que le Procureur Général a conclu son propos. Faisant sienne l’idée que l’autorité judiciaire ne se mesure pas à la sévérité de ses décisions mais à la justesse de son action, Alain-Georges Moukoko a scellé son engagement. Par ses mots, il a posé les jalons d’une justice gabonaise plus forte, plus humaine et résolument tournée vers l’exemplarité.
