Par une note stratégique, Francis Jean Jacques Evouna ,président du Conseil Gabonais du Patronat projete ce qui pourrait être une refondation de la gouvernance économique nationale au service de la vision du président de la République, Chef du Gouvernement. Lecture.
Contribution du Conseil Gabonais du Patronat (CGP) à l’amélioration du dispositif national de pilotage des investissements et à l’accélération de la transformation économique du Gabon
À L’ATTENTION DE SON EXCELLENCE BRICE CLOTAIRE OLIGUI NGUEMA
Président de la République, Chef de l’État, Chef du Gouvernement.
RÉSUMÉ EXÉCUTIF
Le Conseil Gabonais du Patronat (CGP) salue l’initiative du Gouvernement ayant conduit à l’organisation des travaux du Haut Conseil pour l’Investissement (HCI) ainsi que la mobilisation des administrations publiques, du secteur privé et des partenaires économiques nationaux.
Toutefois, après analyse approfondie du rapport final, le CGP constate que celui-ci ne reflète pas pleinement la richesse des travaux réalisés au sein des neuf commissions thématiques, ni le niveau d’expertise mobilisé par les représentants du secteur privé national.
Les propositions structurantes formulées par le Conseil Gabonais du Patronat (CGP), la Confédération des Entreprises Gabonaises (CEG), la CNPG PME-PMI, la Protection Médiation des Entreprises (PME) et la Fédération de la Banque Alimentaire du Gabon (FBA) n’apparaissent pas à la hauteur de leur portée stratégique dans les conclusions du rapport.
Or, les défis actuels du Gabon dépassent largement la seule amélioration du climat des affaires.
Ils concernent désormais :
– la souveraineté économique ;
– la sécurité alimentaire ;
– la transformation locale des ressources ;
– la préférence nationale ;
– le contenu local ;
– l’industrialisation ;
– l’émergence de champions nationaux ;
– la création d’emplois durables ;
– l’intégration compétitive du Gabon dans l’économie mondiale.
Face à ces enjeux, le CGP propose une évolution de la gouvernance économique nationale à travers la création d’une Cellule Stratégique de Pilotage et de Coordination des Investissements (CSPC-I), directement placée sous l’autorité du Président de la République.
I. LE GABON ENTRE DANS UNE NOUVELLE ÈRE ÉCONOMIQUE
Le Gabon est engagé dans une phase historique de reconstruction et de transformation.
La vision portée par Son Excellence Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA repose sur une ambition claire :
Faire du Gabon une économie souveraine, productive, industrialisée, compétitive et créatrice de prospérité partagée.
Cette ambition trouve sa traduction opérationnelle dans le Plan National de Croissance et de Développement (PNCD 2025-2030).
Elle implique un changement profond de paradigme.
Le défi n’est plus uniquement d’attirer des investissements.
Le défi est désormais de faire des investissements un instrument de transformation structurelle de l’économie nationale.
II. LES LIMITES DU RAPPORT DU HCI
Le rapport issu des travaux du HCI comporte plusieurs recommandations pertinentes.
Cependant, il demeure principalement centré sur des réformes administratives, réglementaires et procédurales.
Cette approche ne permet pas de répondre pleinement aux ambitions de transformation économique exprimées par le Chef de l’État.
Plusieurs dimensions fondamentales demeurent insuffisamment prises en compte :
– la souveraineté économique ;
– la souveraineté alimentaire ;
– la préférence nationale ;
– la création de champions nationaux ;
– la gouvernance stratégique des investissements ;
– la mesure de l’impact réel des investissements sur l’économie nationale.
Par ailleurs, les contributions des organisations représentatives des TPE, PME et PMI nationales n’ont pas été suffisamment valorisées malgré leur connaissance directe des réalités économiques du terrain.
III. LA NÉCESSITÉ D’UNE DOCTRINE ÉCONOMIQUE NATIONALE
Le Gabon doit désormais se doter d’une doctrine économique claire et assumée.
Cette doctrine doit poursuivre cinq objectifs fondamentaux :
– protéger les intérêts économiques nationaux ;
– renforcer la compétitivité du tissu entrepreneurial gabonais ;
– accélérer la transformation locale ;
– garantir une meilleure redistribution de la richesse ;
– assurer la souveraineté économique du pays.
Cette doctrine doit servir de référence à l’ensemble des politiques publiques, des investissements et des partenariats économiques.
IVLibre propos du Président du CONSEIL GABONAIS DU PATRONAT (CGP)
Le CGP propose l’adoption d’un modèle structuré autour de cinq piliers stratégiques.
S1 : SOUVERAINETÉ
Développer la capacité du Gabon à produire, transformer et financer son développement.
S2 : STRUCTURATION
Renforcer les TPE, PME et PMI nationales afin de créer un tissu économique solide et compétitif.
S3 : SUBSTITUTION
Réduire progressivement la dépendance aux importations dans les secteurs où des capacités nationales peuvent être développées.
S4 : SPÉCIALISATION
Positionner le Gabon sur les chaînes de valeur à forte valeur ajoutée à l’échelle africaine et mondiale.
S5 : SOUTENABILITÉ
Garantir une croissance respectueuse des équilibres sociaux, environnementaux et territoriaux.
V. LA PRÉFÉRENCE NATIONALE COMME LEVIER DE TRANSFORMATION
Le développement du secteur privé national doit devenir un axe prioritaire de la politique économique.
À cet effet, le CGP recommande :
– l’instauration de quotas réservés aux entreprises nationales dans les marchés publics ;
– l’application effective du contenu local ;
– la réservation de certaines activités stratégiques aux opérateurs nationaux ;
– la création d’un Fonds National des Champions Nationaux ;
– le renforcement des mécanismes d’accompagnement des PME-PMI ;
– la mise en place d’incitations fiscales favorisant l’investissement productif et l’emploi local.
La préférence nationale doit être conçue comme un instrument de développement économique et non comme une mesure de fermeture.
VI. SÉCURITÉ ALIMENTAIRE ET SOUVERAINETÉ NATIONALE
La sécurité alimentaire constitue aujourd’hui une question de souveraineté.
Les propositions portées par la Fédération de la Banque Alimentaire du Gabon (FBA) méritent d’être intégrées dans la stratégie nationale.
Le Gabon doit :
– renforcer la production agricole locale ;
– structurer les circuits de collecte et de distribution ;
– soutenir les producteurs nationaux ;
– réduire les pertes post-récolte ;
– développer les mécanismes de solidarité alimentaire.
Aucune souveraineté économique durable n’est possible sans souveraineté alimentaire.
VII. CRÉATION DE LA CSPC-I
Cellule Stratégique de Pilotage et de Coordination des Investissements
Le CGP propose la création de la CSPC-I, directement placée sous l’autorité du Président de la République, Chef de l’État, Chef du Gouvernement.
Cette structure constituerait le centre national de décision, de pilotage, de coordination et de suivi des investissements stratégiques.
Contrairement aux structures consultatives traditionnelles, la CSPC-I disposerait d’une capacité effective d’arbitrage et d’exécution.
Missions
– Piloter les investissements prioritaires du PNCD 2025-2030 ;
– Coordonner les administrations concernées ;
– Assurer l’exécution des décisions présidentielles ;
– Lever les blocages administratifs ;
– Arbitrer les conflits de compétence ;
– Garantir l’application de la préférence nationale ;
– Veiller au respect du contenu local ;
– Assurer le suivi des projets structurants ;
– Évaluer l’impact économique, social et territorial des investissements.
Fonctionnement
La CSPC-I disposerait :
– d’un tableau de bord présidentiel des investissements ;
– d’un système numérique de suivi-évaluation ;
– d’un mécanisme d’alerte stratégique ;
– d’un pouvoir de saisine des administrations ;
– d’un reporting régulier au Président de la République.
Elle constituerait le bras stratégique de transformation économique de l’État.
VIII. LE CGP, PARTENAIRE STRATÉGIQUE DE L’ÉTAT
Le Conseil Gabonais du Patronat réaffirme sa disponibilité à accompagner les pouvoirs publics dans cette dynamique de transformation.
Le CGP entend contribuer :
– à la structuration des TPE, PME et PMI ;
– à la promotion de la préférence nationale ;
– au développement du contenu local ;
– à l’émergence de champions nationaux ;
– à la création d’emplois ;
– à la modernisation de l’économie gabonaise.
Le CGP considère que la réussite du PNCD repose sur une alliance stratégique forte entre l’État et le secteur privé national.
CONCLUSION
Le rapport du Haut Conseil pour l’Investissement constitue une étape importante dans l’amélioration du dialogue public-privé.
Toutefois, les ambitions de transformation économique portées par le Président de la République appellent désormais une gouvernance plus intégrée, plus agile et davantage orientée vers les résultats.
Le Conseil Gabonais du Patronat considère que la réussite du PNCD 2025-2030 dépend moins de la multiplication des recommandations que de la capacité de l’État à piloter, coordonner et exécuter efficacement les investissements stratégiques.
La création de la Cellule Stratégique de Pilotage et de Coordination des Investissements (CSPC-I), placée directement sous l’autorité du Président de la République, répond précisément à cette exigence de gouvernance, d’efficacité et de résultats.
Le CGP réaffirme son engagement total aux côtés des institutions de la République pour bâtir un Gabon souverain, prospère, industrialisé et compétitif, où les TPE, PME et PMI nationales deviennent les acteurs centraux de la création de richesse, de l’emploi et du développement durable.
Fait à Libreville,
Pour le Conseil Gabonais du Patronat (CGP)
*Francis Jean Jacques EVOUNA est Président National du Conseil Gabonais du Patronat,Porte-parole des TPE, PME et PMI engagées pour la souveraineté économique, la préférence nationale et la transformation structurelle de l’économie gabonaise
