INTERVIEW DE M. ALOÏSE NGUEMA NGUEMA À LA SUITE DE SON TÉMOIGNAGE SUR LE PRÉSIDENT OMAR BONGO ONDIMBA

Question :
Monsieur Aloïse Nguema Nguema, vous venez de livrer un témoignage particulièrement fort sur le Président Omar Bongo Ondimba, dont chacun sait que vous avez été un proche collaborateur pendant de nombreuses années. Vous y faites notamment des révélations et des confidences sur certaines questions sensibles, y compris celles liées à sa succession. Quel est le sens profond de cette démarche ?

Réponse :
Je dirais avant tout qu’il s’agit d’un modeste témoignage au service de l’histoire de notre pays. Le Président Omar Bongo Ondimba fut un homme d’État d’une dimension exceptionnelle, aussi bien sur le plan national qu’international. Durant de longues années, Dieu m’a accordé la grâce d’être à ses côtés.
À ce titre, j’ai vu, entendu et parfois été associé à plusieurs dossiers stratégiques concernant non seulement le Gabon, mais également l’Afrique. Aujourd’hui, au crépuscule de mon existence, il me semble légitime de restituer ma part de vérité à l’histoire.
Je me souviens d’une réflexion du Président Félix Houphouët-Boigny qui disait : « Jésus n’a pas écrit l’Évangile ; ce sont ses apôtres qui l’ont fait. » Sans prétention aucune, je considère que ceux qui ont accompagné le Président Bongo ont le devoir de transmettre ce qu’ils ont vécu et observé. C’est dans cet esprit que j’ai entrepris la rédaction de mes mémoires sur notre collaboration.

Question :
Où en êtes-vous aujourd’hui dans la réalisation de ce projet littéraire ?

Réponse :
Je peux dire avec satisfaction que les manuscrits sont très avancés. Les travaux de rédaction sont pratiquement achevés pour le premier volume.
Par ailleurs, j’ai eu la chance de rencontrer un éditeur qui a accepté de prendre en charge les frais liés à la publication du premier tome. C’est un encouragement important qui nous permet d’envisager sereinement la suite du projet.

Question :
Peut-on déjà connaître la date de sortie du premier tome ?

Réponse :
Si tout se déroule conformément à notre calendrier, nous souhaitons présenter officiellement le premier tome à la fin du mois d’août 2026 à Yaoundé, au Cameroun.
Nous sommes actuellement dans la phase des corrections finales, qui constitue une étape essentielle avant l’impression.

Question :
Pourquoi avoir choisi Yaoundé pour cette première présentation au lieu de Libreville ?

Réponse :
Ce choix est avant tout dicté par un sentiment de reconnaissance. Plusieurs amis du Président Omar Bongo, établis au Cameroun, ont décidé de m’accompagner dans cette aventure éditoriale.
Il m’a donc paru naturel de leur témoigner ma gratitude en organisant la première présentation et les premières séances de dédicaces dans leur pays. C’est une manière pour moi d’honorer leur soutien et leur confiance.

Question :
Faut-il comprendre qu’au Gabon vous n’avez pas trouvé le soutien nécessaire pour mener à bien ce projet ?

Réponse :
Non, ce n’est pas cela. Je reste en contact avec plusieurs compatriotes qui manifestent un intérêt réel pour cette initiative et qui pourraient contribuer à la publication des volumes suivants.
Notre ambition est de publier cinq tomes, si Dieu nous prête vie et nous en donne les moyens. Il s’agit d’un travail de longue haleine qui nécessite du temps, de la patience et des soutiens divers.

Question :
Votre projet se limite-t-il à votre collaboration avec le Président Omar Bongo ou envisagez-vous d’aborder d’autres périodes de votre parcours ?

Réponse :
La collaboration avec le Président Omar Bongo constitue naturellement le cœur du projet, compte tenu de l’importance de cette période dans ma vie professionnelle.
Cependant, après sa disparition, j’ai continué à être associé à plusieurs dossiers et à vivre des expériences qui méritent également d’être relatées. Lorsqu’on a exercé certaines responsabilités à ce niveau, on ne cesse jamais totalement d’observer, d’analyser ou de contribuer à la vie publique.
Je pense donc qu’il serait utile d’évoquer également ces épisodes dans les prochains tomes afin d’offrir une vision plus complète des événements et des hommes qui ont marqué notre époque.

Question :
Certains pourraient estimer qu’un homme qui a longtemps évolué dans l’ombre du pouvoir devrait conserver le silence sur les confidences recueillies dans l’exercice de ses fonctions. Que leur répondez-vous ?

Réponse :
Je respecte parfaitement ce point de vue, mais je crois qu’il faut distinguer la discrétion nécessaire à l’exercice des responsabilités et le devoir de mémoire envers l’histoire.
De nombreuses personnalités ayant occupé des fonctions sensibles ont publié leurs souvenirs ou livré leurs analyses. Jacques Foccart l’a fait pour la relation entre la France et l’Afrique. Robert Bourgi évoque régulièrement certains épisodes de la vie politique contemporaine.
Pour ma part, il ne s’agit ni de trahir qui que ce soit ni de régler des comptes. Mon intention est simplement d’apporter un témoignage sincère sur des faits que j’ai vécus ou observés.
L’histoire a besoin de témoins. Comprendre le passé permet souvent de mieux comprendre le présent et d’éclairer l’avenir. C’est dans cet esprit de transmission que s’inscrit ma démarche.

Question :
Quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes générations qui découvriront votre ouvrage ?

Réponse :
Je voudrais leur dire que derrière les grandes décisions politiques, il y a toujours des hommes, des convictions, des doutes, des sacrifices et parfois des choix difficiles.
Mon souhait est que ces mémoires constituent non seulement un document historique, mais aussi une source de réflexion pour les générations futures. Le Gabon possède une histoire riche et passionnante. Il appartient à chaque génération de la connaître afin de mieux construire l’avenir de notre nation.

Propos recueillis par Célestin Ndong Ngoua.

La redaction

Basile Maurice Magnabouani,Journaliste Certifié, directeur de publication . Le Touraco Vert est un journal d'information numérique et indépendant 100% gabonais. Email : magnabouanibasile54@gmail.com Tél: 065888856

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