Nechrologie Décès d’Emmanuel Ondo Methogo : Le patriarche qui a transcendé les clivages

Les mots de Limbourg Iwenga Annie Chrystel résonnent comme un vibrant hommage à un homme qui a marqué le paysage politique gabonais de son empreinte indélébile. Ancienne secrétaire générale adjointe de la présidence de la République, elle évoque avec émotion la figure d’Emmanuel Ondo Methogo, disparu récemment, laissant derrière lui le souvenir d’un leader hors du commun.

Pendant dix-huit années passées au cabinet du chef de l’État sous la présidence d’Omar Bongo Ondimba, Limbourg Iwenga a côtoyé cet homme qu’elle décrit comme un mentor, un patriarche accessible et ouvert. « Il a toujours été pour moi un leader qui me donnait des conseils », confie-t-elle, se remémorant ces moments où Ondo Methogo l’encourageait à se battre pour accompagner la vision du président de la République.

Ce qui frappe dans le témoignage de madame Limbourg, c’est la constance d’un portrait : celui d’un homme qui n’a jamais laissé personne sur le carreau. Fidèle serviteur de l’État, Emmanuel Ondo Methogo s’est illustré par son combat contre la discrimination ethnique, lui qui incarnait l’unité nationale dans toute sa splendeur. Fang, Kota, Kwelé, Miéné, Adouma, Mitsogo… Dans son cabinet comme dans sa maison, toutes les composantes ethniques du Gabon se retrouvaient, témoignant de son ouverture d’esprit légendaire.

Au sein du Parti Démocratique Gabonais, Ondo Methogo a joué un rôle déterminant, notamment dans le septentrion, le Woleu-Ntem et particulièrement à Bitam. Son action a permis l’émergence de nombreuses personnalités qui, aujourd’hui encore, lui doivent reconnaissance. « Ce n’était pas un homme contre d’autres ethnies », insiste Limbourg Iwenga, soulignant cette capacité rare à rassembler au-delà des frontières communautaires.

« Je ne suis pas Fang, je ne suis pas Kota, je ne suis pas de Bitam, je ne suis pas de Minvoul », aurait pu dire cet ambassadeur de l’unité nationale. « Je suis de tous les bords communautaires accessibles. » Voilà peut-être la plus belle définition de l’homme qu’était Emmanuel Ondo Methogo : un pont entre les communautés, une cloison entre les divisions, un homme qui a su rester proche des plus défavorisés tout en servant avec loyauté les plus hautes instances de l’État.

Dans ses derniers mots, Limbourg Iwenga exprime un souhait : que le peuple gabonais, et particulièrement sa communauté d’origine, comprenne qu’Ondo Methogo fut cet homme rare, flexible sans être fragile, ouvert sans être naïf, dévoué sans jamais trahir ses convictions. Un patrimoine humain dont le Gabon mesure aujourd’hui toute la valeur.

Ali Mako

La redaction

Basile Maurice Magnabouani,Journaliste Certifié, directeur de publication . Le Touraco Vert est un journal d'information numérique et indépendant 100% gabonais. Email : magnabouanibasile54@gmail.com Tél: 065888856

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