À 49 ans, chef d’entreprise et père de famille, Bonjean Marcel Nze Eyouné s’avance avec assurance dans l’arène politique d’Akanda. « Je suis de nationalité gabonaise, je suis jeune, chef d’entreprise, marié et père d’enfant », a-t-il rappelé, comme pour ancrer son parcours dans une réalité quotidienne avant d’évoquer sa trajectoire.
Après avoir débuté sa carrière à Air Gabon avant la fermeture de la compagnie, il a choisi de bâtir sa propre entreprise aux côtés de deux associés, tout en nourrissant, dès 2009, un engagement politique qui s’est concrétisé pleinement à partir de 2018. Candidat malheureux aux élections locales sous la bannière du CLR, puis tête de liste du PGCI en 2023 dans le deuxième arrondissement d’Akanda, il repart aujourd’hui avec la même détermination, fort d’une histoire familiale intimement liée à la lutte démocratique au Gabon.mFils du feu Nze Emane Thomas Didim, figure fondatrice du Morena et député d’Apemeur au moment des indépendances, ancien prisonnier politique qui a œuvré pour l’avènement du multipartisme avec des pionniers tels que Maître Agondjo Okawé, Bonjean Marcel revendique un héritage d’opposant mais choisit le centrisme. « Étant fils d’opposant, j’ai préféré me mettre au centre. C’est pourquoi j’ai choisi le CLR d’abord, puis le PGCI, des partis centristes qui peuvent critiquer le pouvoir quand il le faut et féliciter l’opposition quand c’est juste », explique-t-il.Son ambition, dit-il, est née de ses voyages et de la comparaison avec ce qui se fait ailleurs. « À Akanda, il n’y a aucune toilette publique, pas de piscine municipale, et la mairie est encore locataire. Tout cela démontre la nécessité de bâtir autrement. »
Pour lui, l’avenir de la commune passe par la transparence, la proximité avec les citoyens et l’investissement dans l’humain. Emploi, formation professionnelle, infrastructures de base et assainissement figurent parmi ses priorités. « Aucun pays n’a zéro chômage, mais il faut former les jeunes et créer des coopératives pour leur donner du travail », affirme-t-il, plaidant pour un enseignement tourné vers la technique et le professionnalisme.
Nze Eyouné défend aussi une gouvernance municipale ouverte : « Aujourd’hui, même le budget municipal est une affaire opaque. Il faut innover, associer les populations aux décisions, comme cela se fait ailleurs. »
À l’heure où le Gabon cherche à rajeunir sa classe politique, il se veut porteur d’un souffle nouveau. « On ne peut pas continuer avec les mêmes visages depuis des décennies. Je ne fais pas de la politique pour moi, mais pour ceux qui arrivent derrière », confie-t-il, appelant les électeurs à « voter utile, avec sérieux et dynamisme ».
Dans un paysage politique en quête de renouvellement, son message sonne comme une invitation au changement et à la responsabilité citoyenne.
