Après près d’un an d’attente, les élèves de l’Institut de formation aux métiers de l’éducation (IFME) vont reprendre le chemin des salles de cours.
Le directeur général de l’Institut, Pr Gilbert Nguema Endamne, a annoncé un démarrage progressif des activités pédagogiques, par palier, les 5 et 12 octobre prochains.
En cause, un double goulot d’étranglement : la fronde des enseignants-chercheurs et le manque de salles.
1046 est le nombre des élèves enseignants pour 33 salles disponibles alors qu’il en faut 70 classes nécessaires
Les résultats du concours de décembre 2025, publiés entre février et mars 2026, avaient initialement permis l’admission d’ un millier des candidats, toutes filières confondues.
Face à la pression du chômage des jeunes, le chef de l’État a accordé 300 places supplémentaires, portant ainsi l’effectif à 1.300 élèves à l’École normale supérieure. S’y ajoutent 106 détenteurs de BTS, précédemment déboutés par la Fonction publique, le BTS ne permettant pas d’enseigner au secondaire.
Au total, l’IFME compte aujourd’hui 1.406 nouveaux élèves stagiaires, auxquels s’ajoutent plus de 400 anciens, soit près de 1.800 apprenants à former aux métiers d’enseignant, de conseiller pédagogique et d’inspecteur.
Pour seulement 33 classes pédagogiques disponibles, alors qu’il en faudrait plus de 70.
« Il y a donc un déséquilibre. Le nombre de classes disponibles ne permet pas de recevoir tout le monde immédiatement« , reconnaît le Pr Nguema Endamne. L’Institut dit n’avoir bénéficié d’aucune réhabilitation ni construction.
Pour y faire face, la direction annonce un système de turn-over avec alternance : les detenteurs du BTS démarreront en premier et seront déployés en alternance dans les lycées et collèges du Grand Libreville.
Le bras de fer des enseignants-chercheurs
Second point de blocage : les enseignants-chercheurs chargés du volet théorique. Depuis le rattachement de l’IFME à la tutelle du ministère de l’Éducation nationale, nombre d’entre eux estiment que ce statut pénalise le déroulement de leur carrière scientifique et refusent désormais de prester.
« Les élèves sont en droit de revendiquer le démarrage des cours », admet le directeur général. Pour contourner l’impasse, l’IFME a lancé un appel à candidatures pour les enseignements universitaires. Le volet professionnalisant, lui, sera assuré par le personnel de l’Éducation nationale.
Autre frein : les vacations impayées de l’année 2025-2026. Certains enseignants volontaires pour reprendre, même en tant que vacataires, n’ont toujours pas été payés. Le Pr Nguema Endamne appelle le Trésor public à « faire un geste ».
Malgré la grogne, le gouvernement veut un retour rapide à la normale. Le patron de l’IFME remercie les élèves pour leur patience et garantit le démarrage effectif des enseignements début octobre.
Ali MAKO
