La Présidente de l’Association de la Maternité Responsable, Mme Pierrette Oyane Nzue a retracé l’historique de son association, c’était au cours d’un entretien qu’elle nous a accordé mercredi dernier à Libreville.
Selon elle, l’Association pour la Maternité Responsable (AMR), anciennement appelée Association des Filles – Mères créé en 1993, c’est en 2001 qu’elle a changé de dénomination pour mieux recentrer ses objectifs. Il faut préciser que l’Association des Filles – Mères, la toute première initiative, visait à lutter contre les grossesses précoces non désirées.
« Dans les années 1990, nous étions un groupe des jeunes filles étudiantes, élèves ou même au chômage qui avaient eu des enfants très tôt », a t – elle déclaré, tout en précisant qu’au regard des difficultés que nous traversions, nous avons décidé d’interpeller les autorités sur notre situation et l’idée est venue donc pour nous, de nous regrouper en association, pour mieux présenter nos difficultés.
« Au début, il s’agissait simplement de poser des revendications, d’interpeller le Gouvernement de manière à ce qu’il prenne des mesures en faveur des filles – mères, mais chemin faisant, nous nous sommes rendus compte qu’au lieu d’aller en victime, il fallait qu’on se prenne plutôt en mains, qu’on demande aux autorités de nous aider à prendre nos responsabilités, d’où d’ailleurs la dénomination de l’Association pour la Maternité Responsable, parce qu’il s’agissait en réalité pour nous, d’assumer notre rôle de mère, du fait qu’une mère a des responsabilités qu’elle doit assumer quelque soit son âge. Nous sommes allés donc dans cet objectif de faire en sorte que les filles – mères soient responsabilisées », a t – elle confirmé.
En ce qui concerne le bilan, la Présidente de l’Association pour la Maternité Responsable a tenu à préciser qu’avant le coup de libération du 30 août 2023, l’Association a eu la chance d’être soutenu par un certain nombre de personnalités qui, pour chaque activité, chaque programme d’actions, venaient en aide, et après le coup de libération, le paysage politique a changé et le contexte aujourd’hui n’a pas permis de relancer les actions comme par le passé, parce qu’aujourd’hui, il s’agit de continuer de rechercher du soutien, donc il faut pouvoir trouver d’autres sponsors pour continuer l’activité.
« Malgré tout ceci, l’Association existe toujours, 80% aujourd’hui sont des jeunes femmes qui animent cette association, elles ont la même volonté que nous, les mêmes capacités d’actions sur le terrain, nous avons des projets élaborés qui sont en attentes », a t – elle martelé.
Aussi, a t – elle souligné, la seule chose qui reste permanente comme activité, c’est l’arbre de Noël que nous organisons en faveur des enfants de nos membres, c’est une activité de solidarité que nous faisons chaque année au mois de Noël pour que les parents qui n’ont pas la possibilité d’offrir des cadeaux à leurs enfants puissent obtenir ce soutien là, mais concernant notre programme d’activités à proprement parlé, c’est un programme qui part généralement sur trois ans, et le prochain programme qui est en attente démarre en 2027 jusqu’en 2030.
S’agissant des activités menées depuis la création de l’Association, Mme Oyane Nzue a indiqué que de 1993 à aujourd’hui, nous avons réalisé beaucoup de choses, le principal axe d’actions a toujours concerné le renforcement des textes de loi en faveur de la mère et de l’enfant.
« Nous avons également réussi à trouver des situations à un certain nombre de nos membres, il s’agit des activités génératrices de revenus et des situations professionnelles. La preuve c’est que plusieurs de nos membres ont même accédé à des hautes fonctions de la République, parce que nous avons mené beaucoup de plaidoyers pour essayer de faire changer la condition des membres. Nous avons également mené des campagnes de sensibilisation contre les grossesses précoces non désirées et contre les infections sexuellement transmissibles y compris le VIH Sida, donc ces actions de terrain ont été faites surtout auprès des établissements scolaires », a t – elle réaffirmé.
La Présidente de l’Association pour la Maternité Responsable n’a pas manqué de définir les objectifs de l’Association : lutter contre les grossesses précoces non désirées ; lutter contre les avortements clandestins ; lutter contre les abandons et la maltraitance des enfants ; promouvoir la santé et les droits en matière de sexualité et de reproduction ; promouvoir le bien – être physique, psychologique et spirituel des filles et des femmes ; promouvoir l’éducation, la formation et l’autonomisation économique des femmes ; apporter des appuis multiformes aux filles – mères et aux enfants en difficultés.
A cette occasion, elle a présenté les difficultés auxquelles est confrontée l’Association. La première difficulté c’est le manque de moyens financiers ; la deuxième difficulté c’est que beaucoup des membres fondateurs ont quitté les rangs. Il y a eu beaucoup de changements au sein du Bureau directeur de l’Association, ce qui fait qu’à chaque fois il faut recommencer avec des nouvelles équipes et remettre en ordre pour poursuivre l’action. Ce renouvellement d’équipes casse donc un peu la dynamique, et la dernière difficulté c’est que les associations ne sont plus regroupées comme par le passé et ne ressentent plus le dynamisme du Ministère des affaires sociales.
La Présidente de l’AMR a enfin lancé un appel aux autorités du pays, d’agir de plus en plus pour le bien de tous les gabonais.
« Comme les riches d’hier, ceux d’aujourd’hui peuvent aussi contribuer à soutenir des actions sociales », a t – elle conclu.
JCB
