Dans le cadre de la mission officielle menée à Washington, la délégation gabonaise conduite par le Ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie a tenu, mardi 10 mars 2026, une séance de travail avec le Bureau des Affaires africaines du Département d’État américain. La rencontre, qui s’est déroulée de 14h30 à 15h30, était présidée côté américain par la Sous-secrétaire d’État adjointe, Sarah Troutman.
Dès l’ouverture des échanges, Sarah Troutman a exprimé l’intérêt croissant des États-Unis pour les opportunités économiques qu’offre le Gabon. Revenant sur sa visite effectuée dans le pays en février 2026, elle a indiqué avoir été particulièrement impressionnée par son potentiel, précisant que plusieurs entreprises américaines sont disposées à accompagner le Gabon dans la mise en œuvre de partenariats structurants. Elle a également assuré que le Bureau des Affaires africaines du Département d’État facilitera les contacts entre le Gabon et les institutions financières américaines, notamment la DFC et l’EXIM Bank.
Prenant la parole, le Ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie a rappelé que cette mission s’inscrit dans les orientations du Chef de l’État, Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, qui a instruit la délégation de mobiliser des partenaires solides pour soutenir le développement du pays. Il a souligné la volonté du Gabon de renforcer sa coopération avec les États-Unis, en particulier dans les secteurs stratégiques de l’eau et de l’énergie.
L’Ambassadeur du Gabon aux États-Unis, Noël Nelson Messone, a pour sa part rappelé que depuis l’avènement de la Cinquième République, les autorités gabonaises ont pu compter sur le soutien constant de Washington. Il a insisté sur la volonté du Gabon de consolider ce partenariat dans une logique gagnant-gagnant, notamment dans les domaines des minerais critiques, de l’énergie, du commerce et de la santé.
Le Ministre du Pétrole et du Gaz, Clotaire Kondja, a souligné que le Gabon demeure une terre d’accueil privilégiée pour les investisseurs étrangers. Il a notamment cité l’exemple de la société américaine Vaalco, initialement installée pour une décennie mais finalement présente depuis près de trente ans dans le pays. Il a également évoqué le retour d’ExxonMobil, illustrant selon lui la confiance durable des investisseurs internationaux dans l’environnement économique gabonais.
Au cours des discussions, le Ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie a présenté le plan national de développement des secteurs de l’eau et de l’énergie, élaboré sur une vision de trente ans avec l’appui de la Banque mondiale et aligné sur la Vision 2063 de l’Union africaine. Ce programme ambitieux prévoit des investissements importants afin de répondre aux défis liés notamment au stress hydrique et à l’augmentation des besoins énergétiques.
À court terme, un financement de 162 millions de dollars devra être mobilisé, tandis que sur la durée du mandat présidentiel de sept ans, le Gabon prévoit d’investir près de 540 millions de dollars dans ces secteurs stratégiques. Ces investissements nécessiteront une mobilisation conjointe de partenaires bilatéraux et multilatéraux ainsi que du secteur privé américain.
Dans cette perspective, l’Agence nationale de promotion des investissements (ANPI) mettra prochainement à la disposition de l’ambassade du Gabon à Washington un catalogue détaillé des projets prioritaires, assorti de leurs estimations financières, afin de faciliter l’identification et l’engagement d’investisseurs potentiels.
L’Ambassadeur Noël Nelson Messone a par ailleurs sollicité l’appui des autorités américaines pour accompagner le Gabon dans la mobilisation de financements auprès des bailleurs de fonds internationaux.
En réponse, Sarah Troutman a réaffirmé l’engagement des États-Unis à promouvoir le Gabon auprès des entreprises et institutions américaines et à encourager leur participation aux projets stratégiques identifiés, notamment dans le secteur énergétique.
Les discussions ont également abordé les perspectives de développement du secteur minier gabonais. Le Ministre du Pétrole et du Gaz a rappelé que l’exploitation des ressources minières nécessite un renforcement significatif de l’offre énergétique. Il a également souligné que le bassin sédimentaire du Gabon demeure largement sous-exploré et que certains gisements pourraient produire du gaz pendant plusieurs décennies, sous réserve d’un soutien financier adéquat.
Saluant ces perspectives, Sarah Troutman a confirmé que l’énergie constitue l’une des priorités de la stratégie américaine en Afrique. Elle s’est également félicitée du premier paiement reçu par la société Aggreko, qu’elle considère comme un signal positif pour les investisseurs internationaux.
La réunion s’est achevée à 15h30 sur une note d’optimisme, les deux parties affichant leur volonté commune de renforcer la coopération économique et stratégique entre le Gabon et les États-Unis.
Ali MAKO
