Le titre :  » Joseph Lapensée ESSINGONE ancien Candidat à l’élection présidentielle 12 Avril 2025 Parle sans langue des Bois des 100 jours du bilan du Gouvernement actuel… »

Ce jeudi 28 août, la salle de conférence de l’immeuble ABC Mall des Charbonnages a été le théâtre d’un coup de tonnerre politique. Joseph Lapensée Essingone, figure emblématique de l’opposition et président du parti L’Eveil de la Pensée Citoyenne (EPC), a annoncé avec une franchise désarmante et sans fioritures son retrait total des prochaines élections législatives et locales. En dévoilant sans concession les raisons de ce retrait, il livre aussi un bilan cinglant des 100 premiers jours au pouvoir de Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la République.

 

L’échec programmé d’un système verrouillé, voici en substance la démonstration offerte par Lapensée Essingone. Selon lui, dans ce Gabon post-transition, c’est la présidence qui concentre tout le pouvoir – réelle, décisive et déterminante – tandis que les élections législatives et locales ne sont que poudre aux yeux, instruments de renforcement du pouvoir en place. Refuser d’y participer, c’est refuser de légitimer un simulacre démocratique.

 

Son réquisitoire sur le processus électoral est sans appel. Malgré les promesses de transparence, ce mécanisme demeure orchestré par les mêmes acteurs douteux qui ont conduit à une présidentielle entachée d’irrégularités dénoncées jusqu’au sommet de l’État. L’opposition, pourtant constitutionnellement reconnue, est exclue des processus-clés, comme si l’on voulait à tout prix balayer toute velléité démocratique. Le projet sous-jacent serait-il le retour à un régime unique, autoritaire et monarchique ? Lapensée Essingone ne laisse planer aucun doute sur son indignation.

 

Mais c’est surtout au Parlement que le président de L’Eveil de la Pensée Citoyenne réserve sa charge la plus lourde. Construit pour être un contre-pouvoir digne de ce nom, il n’est plus que l’ombre de lui-même face à l’exécutif. Le dispositif constitutionnel donne certes des pouvoirs théoriques de contrôle et d’évaluation, mais en pratique, le chef de l’État s’arroge une domination sans partage. La suppression du droit du parlement de renverser le gouvernement est emblématique de cette dérive monarchico-républicaine, où l’équilibre des pouvoirs est piétiné au profit d’une concentration autoritaire que ne renierait pas un régime monarchique déguisé.

 

Il est frappant de constater, ajoute Lapensée Essingone, que le gouvernement n’est responsable que devant le président, rendant le Parlement presque inutile, sinon complice. Aucun mécanisme réel ne sanctionne les manquements du gouvernement face aux sollicitations parlementaires, ce qui réduit le législatif à un rôle cosmétique sans réelle influence sur la gouvernance.

Mais au-delà de la critique institutionnelle, c’est un véritable constat de déception qui transpire du bilan des 100 jours. L’intention affichée de restaurer la dignité, de lutter contre le chômage ou encore de rehausser l’image du Gabon à l’étranger se heurte à une série d’échecs cinglants. L’affaire du marché de Lambaréné où les commerçantes gabonaises sont ballotées au gré d’une gestion opaque et incompétente, l’exil sans jugement d’une famille politique puissante ou la libération polémique de Kelly Ondo, tout concourt à nourrir le doute sur la crédibilité et l’indépendance de la justice gabonaise.Plus profondément, la décision de couper les bourses d’études aux États-Unis et au Canada en 2026, dans un pays encore en pleine construction éducative, sonne comme un renoncement à l’avenir et à l’épanouissement des jeunes Gabonais. À cela s’ajoute la fin brutale du remboursement de médicaments par la CNAMGS, synonyme d’une sécurité sociale en crise, qui laisse les populations un peu plus démunies face aux dépenses de santé.

Au-delà des affaires internes, le principal pet de travers diplomatique avec le Cameroun dans un conflit absurde sur la dépendance alimentaire exacerbe les tensions et met en lumière l’urgence de garantir l’autosuffisance alimentaire dans un Gabon largement dépendant. Le déguerpissement brutal des populations dans certains quartiers de Libreville dénonce par ailleurs un échec retentissant des politiques d’urbanisme et rappellent cruellement la nécessité d’une refonte complète du cadre de vie.

Enfin, la politique démographique, au cœur d’enjeux cruciaux, est laissée en friche, créant un décalage inquiétant entre les ambitions et la réalité démographique. L’idée ambitieuse mais controversée d’une fusion avec la Guinée équatoriale sonne comme l’arbre qui cache la forêt, tant les défis internes restent immenses.

Joseph Lapensée Essingone, qui n’a jamais caché son volontarisme et son ambition pour un Gabon renouvelé, aura donc fait le choix du retrait, non pas par résignation, mais par lucidité et dénonciation. Ce retrait est un cri d’alarme déchirant sur l’état réel de la démocratie gabonaise, et invite à une profonde réflexion sur la nécessaire refondation des institutions et des pratiques politiques.

Cette sortie fracassante d’un acteur-clé de l’opposition marque un tournant lourd de conséquences pour le paysage politique gabonais. Elle pose avec acuité la question : à quoi sert de jouer un jeu biaisé quand on sait d’avance que les dés sont pipés ? Joseph Lapensée Essingone, en refusant cette mascarade, exhorte le Gabon à ne pas se résigner à un régime qui dérobe au peuple sa souveraineté, pour privilégier au contraire un véritable équilibre des pouvoirs et une démocratie authentique.

Ledébat est désormais ouvert, et la nation n’a plus d’autre choix que de se confronter honnêtement à ses faiblesses pour rebâtir son destin national.

 

Ali Mako

La redaction

Basile Maurice Magnabouani,Journaliste Certifié, directeur de publication . Le Touraco Vert est un journal d'information numérique et indépendant 100% gabonais. Email : magnabouanibasile54@gmail.com Tél: 065888856

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